vendredi 12 décembre 2008

Le Senat Américain rejette l’accord sur le déblocage des 15 milliards!

Cette nuit, le sénat américain a vu l’affrontement entre pro et anti-plan mené par un noyau dur de républicains. A leur yeux, l’argent public ne serait pas assez surveillé, les "Big Three" n’offriraient pas assez de garanties (malgré leurs promesses de licencier presque un tiers de leurs effectifs…). L’appel de Barack Obama est resté pour l’instant lettre morte. On ne sais pas encore si le projet peut repasser (et quand ?) devant le sénat. Leur représentant indiquait à la sortie "nous ne parvenons pas à nous mettre d’accord et, aurions-nous eu 2,3, 4 jours ou plus, nous n’y serions pas parvenu non plus! J’appréhende déjà de regarder Wall-Street demain". Il faut donc une refonte complète du plan qui était déjà passé de 34 à 15 milliards et conserve tout son caractère urgent…

Le point de vue des pessimistes sur l’avenir du marché de l’automobile:

Fiat ne se voit pas survivre seul:

Sergio Marchionne, a déclaré en début de semaine dans Automotive News:
"Quand la crise sera finie, il ne restera plus qu'une poignée de constructeurs dans le monde, dont un américain, un japonais, un euro-japonais, un chinois, et peut-être un autre européen".
Fiat ne se voit pas parmi les survivants et cherche le partenaire prêt à l'absorber!
Les regards se tournent vers PSA Peugeot Citroën (forts partenariats) mais le constructeur français semble fermer la porte à Fiat: "La question ne se pose pas, on aurait pu se la poser mais toute l'énergie du groupe est mise dans le renforcement de sa compétitivité pour traverser la crise dans les meilleurs conditions".

L’aide insuffisante:

Aux USA, ce ne sont déjà que 15 milliards de dollars, sur les 34 milliards de dollars demandés, qui auraient été alloués. General Motors est au plus mal, Ford finalement pourrait se passer (déclaration de début de semaine) de l'aide du gouvernement et Chrysler, le plus petit des trois, pourrait bien devoir donner sa subvention à son frère aîné GM. Et disparaître du paysage automobile. Un scénario qui validerait, pour les Etats-Unis, la théorie de Marchionne.

Le plan de sauvetage de l’administration américaine aux trois grands de l’automobile ne suffirait même pas à les sauver. C’est ce qu’estime Jeff Rubin dans une note de recherche publiée en début de semaine. L’économiste de la CIBC indique que le recours au chapitre 11 de la loi sur la faillite et les milliards de dollars des payeurs de taxes permettraient à Chrysler, GM et Ford d’obtenir des concessions à la fois de leurs syndiqués et de leurs créanciers. Mais cela ne remédierait pas aux défis à long terme qui pèsent sur l’industrie.

"L’enjeu n’est pas simplement la compétitivité des fabricants nord-américains, mais le marché dans lequel ils évoluent. Une montée séculaire du prix de l’essence et une longue période de désendettement du consommateur sont fondamentalement en train d’altérer à la fois la composition et la taille du marché américain de l’automobile", écrit monsieur Rubin.

La mauvaise estimation de la capacité du marché

Le marché de l'automobile serait en grave surcapacité. "Rien que pour la France, les constructeurs estiment le marché à 2 millions de voitures alors que le marché absorbe réellement que 1,4 million d'unités", note Bernard Jullien de Gerpisa (Groupe d'Etudes et de Recherches Permanent sur l'Industrie et les Salariés de l'Automobile). Même constat aux Etats-Unis: le marché est estimé à 18 millions de voitures alors qu'il atteint dans les faits à peine 12 ou 13 millions d'unités.
(Source: e24.fr)

M. Rubin estime que les manufacturiers américains fabriquent de loin trop de véhicules utilitaires pour des consommateurs qui veulent maintenant des véhicules économiques. L’économiste, qui avait déjà prévu que le baril de pétrole atteindrait les 150 dollars, croit que les prix finiront par remonter. Même si cette remontée devait tarder, estime-t-il, le consommateur va de toute façon demander des véhicules plus économiques devant la crainte de voir les cours remonter.

Non seulement les consommateurs pourraient acheter de plus petits véhicules, mais ils pourraient également en acheter moins, ajoute-t-il Plus de 90% de tous les nouveaux véhicules vendus requièrent une forme de financement ou une autre.
Pour l’économiste, on pourrait bientôt découvrir qu’un marché de 14 millions d’unités n’est plus soutenable pour l’économie américaine. En octobre, les ventes annualisées d’automobiles aux États-Unis sont tombées sous les 11 millions d’unités.

Les Concessionnaires autos déjà fort touchés recevront peut être le coup de grâce d’Internet !

Le cabinet d’études Xerfi qui s’est penché sur les besoins d’une enquête sur les rapports entre e-commerce et automobile. D’après le cabinet, la vente de véhicules neufs sur Internet a connu en France une croissance de chiffre d’affaires de 25% en 2007 et 31% en 2008. La projection n’est "que de" +20 % en 2009, crise oblige, mais les ventes devraient grimper de 36 % en 2010 et 40 % en 2011.
“L’arrivée de nouveaux opérateurs de l’e-commerce automobile doperont les ventes de véhicules neufs sur Internet au cours de ces deux années” (Xerfi.)
Le plus avancé dans ce domaine parmi les constructeurs français est Peugeot qui mène avec son site PeugeotWebStore une véritable politique commerciale web. Ford, qui s’en sort pour l’instant le mieux parmi les "big three", réalise aux Etats-Unis 15 % de ses ventes via Internet.
(Source: Journal du Net et Blog auto.)

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