mardi 9 décembre 2008

Les cures d’amincissement des constructeurs n’en finissent pas :

Les constructeurs multiplient les suspensions de production, car confrontés à une forte chute des marchés : -14% d’immatriculation en France en Novembre et souvent plus dans les autres pays européens jusqu’à -50% en Espagne. Ils s’échinent donc à renforcer leur bilan et à faire en sorte de disposer des ressources nécessaires à leur plan de résistance à la crise. Le temps est aux réductions massives d’effectifs, au gèle des productions et à la recherche de liquidités :


Selon le figaro du 2 décembre, Les constructeurs européens réduisent drastiquement leur production de nombreuse entreprise française baisseront le rideau ce mois-ci (entre autres Mulhouse, Poissy, Rennes et Sochaux pour PSA et Douai, Le Mans et Maubeuge pour Renault...)
PSA Peugeot Citroën a de plus annoncé jeudi dernier un nouveau plan de diminution de ses effectifs portant sur 2.700 salariés et basé sur des départs volontaires (magazette.over-blog.com). L’entreprise compte redéployer un excédent d'environ 900 ouvriers polyvalents sur les sites fabriquant des véhicules des segments inférieurs comme Sochaux, Mulhouse, Aulnay et Poissy. La Tribune annonçait ce mercredi que le comité central d’entreprise envisageait de porter le chiffre à 3550 suppressions sur la base du volontariat dont 850 à Rennes à cause de la forte sous-activité du site spécialisé dans les modèles moyennes gammes (407, C5, et C6) les plus touchés. Ceci pourrait prendre effet dès janvier 2009.
Même en Chine PSA économise sur le personnel : une équipe de production a ainsi été supprimée dans le cadre d’un plan de suppression de plus de 1000 postes. Au cour d’un entretien accordé à la Tribune la semaine passée Jean-Luc Vergne (DRH de PSA) indiquait : « nous aurons eu plus de 15 000 départ non remplacés entre mi-2007 et mi-2009 dont plus des deux tiers en France. »

Renault, pour sa part (La Tribune 2008-12-03) à annoncé un plan de 4000 départ volontaires non liés à la fabrication courant jusqu'au 30 avril 2009. Parallèlement Renault réduira de 2000 postes ses effectifs de structure dans ces filiales France et Europe.
Et dans le reste de l’Europe, Aston Martin, la marque de luxe britannique, confirme (après Rolls-Royce), le marasme du secteur en annonçant la suppression de 600 postes dont 50% d’intérimaires.

Aux USA, Ford présente un plan d’austérité (20 minutes : 2008-12-03): Le constructeur automobile américain à présenté mercredi un plan de restructuration afin d’obtenir un crédit-relais de 9 milliard de $. Il prévoit notamment que son patron, Alan Mulally, ne perçoive qu’un dollars de salaire annuel. Le groupe devrait également se réorienter sur les petits modèles et envisage de vendre la marque Volvo. (Alors même que le gouvernement conservateur suédois a rejeté l'idée de devenir le propriétaire de Volvo automobiles suscitant la désapprobation de l'opposition et des syndicats, très inquiets à juste titre pour l'avenir de ce secteur clé et les emplois liés.)

Les 15 milliard de dollars accordés hier (8/12/2008) par le gouvernement sont certes un coup de pouce important mais représentent toutefois moins que l'enveloppe demandée vendredi par les trois géants. General Motors, Chrysler et Ford avaient chiffré leurs besoins à 55 milliards de dollars - 34 milliards en prêts publics et lignes de crédit et 17 milliards puisés sur le "fonds écologique" (une partie dédiée des 700 milliards) (lejdd.fr) et avaient réitéré leur demande vendredi devant le Sénat. Mais les élus américains attendent des patrons qu'ils apportent des garanties à terme sur la viabilité de leurs entreprises et qu’ils se débrouillent pour trouver le reste (sur les marchés ?), en attendant un éventuel nouvel effort financier qui pourrait être consenti après l'investiture de Barack Obama, le 20 janvier. L'enjeu est de taille: les "Big three" emploient directement plus de 250.000 personnes.

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