vendredi 26 décembre 2008

Pourquoi s'interroger?


Un lecteur dubitatif faisait remarquer récemment que réfléchir à la position de la voiture dans la société revenait aussi à se demander tout simplement si la voiture y avait seulement une place .

Bien sur, il convient d’abord de se demander de quelle société l’on parle. En effet, si les Inuits utilisent les véhicules individuels, le mode de locomotion varie forcement en fonction de l’utilité que l’on en fait, de la saison : la chasse sur la banquise se fera surement plus facilement en traineau qu’en Land Rover. En revanche, la vente de peau au marché se fera en véhicule à moteur. Nous conviendrons donc de parler principalement des sociétés occidentales, plutôt urbanisées, qui représentent un marché prépondérant pour les constructeurs.

De fait, la question de la place de la voiture dans la société est beaucoup moins futile qu’il n’y parait de prime abord, et réfléchir à cette place relève bien plus de la recherche marketing que de la philologie. C’est en effet en réfléchissant à cette place que l’architecte va pouvoir entreprendre ses réflexions quand à la prochaine tour qu’il construira au centre de telle capitale occidentale. Par ailleurs, en fonction de la fréquence d'utilisation des véhicules, il lui faudra prévoir plus ou moins d'espace pour les piètons, plus ou moins de places de parking, des voies d’accès plus ou moins larges.

De cette idée découle la place à accorder, pour le conseil municipal, aux transports en commun : en effet, la plupart des grandes villes, disposant ou construisant des métros, se trouvent confrontés à la question des frais de construction et d’entretien. Ceux-ci sont pour partie à la charge de la ville, et donc des contribuables, et en partie financés par les utilisateurs (ou leurs employeurs), qui sont souvent les mêmes. Enfin, une partie des utilisateurs ne paient pas, ou peu, ces frais de transports (œuvres sociales…). La question de la place de la voiture dans une société urbaine ou très urbanisée devient immédiatement essentielle, puisqu’elle seule pourra, par exemple, déterminer la pertinence de la construction d’une nouvelle ligne : si les utilisateurs se raréfient au profit des véhicules individuels, les contribuables paieront un outil qu’ils risquent de ne pas utiliser...

Sans parler des problèmes liés à l’énergie, aux nuisances (sonores, écologiques….) produites, l’étude de la place d’un véhicule dans la société est d’une rare utilité, au moins aux yeux des concepteurs.

Pedro

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