lundi 30 mars 2009

Les têtes commencent à tomber!

«Le conseil de surveillance, unanime, a jugé que les difficultés exceptionnelles qu'affronte l'industrie automobile imposaient un changement de management à la tête du groupe», a déclaré le président Thierry Peugeot.


Hier, a l’initiative de la famille Peugeot qui détient 33% des parts de l’entreprise et 44% des droits de votes, Mr Christian Streiff a été démis de ses fonctions de président après deux ans seulement de services. Il est remplacé par Mr Philippe Varin
(Président du groupe sidérurgique anglo-néerlandais Corus, ancien de Péchiney) président du directoire à compter du 1er juin. Dans l'intervalle, le directeur technique et industriel Roland Vardanega assurera l'intérim.


Le courent n’est jamais passé entre Mr Streiff et la famille Peugeot car ils ne s’accordaient pas sur la stratégie. Après plan de redressement des coûts un peu tardif, qui a vu courant 2007-2008 1500 suppressions d’emplois, la crise est venue gommer tout résultat probant. Mais Mr Streiff paye peut être surtout les frictions qu’il a eu avec les politiques : il avait déclaré « nous ne lâcheront aucune unités de productions » face aux déclarations du président Sarkozy sur les relocalisations et la négociation sur les aides de l’Etats avaient été particulièrement âpres et tendues.


Cette décision ne relance pas la confiance des actionnaires ! Pour preuve : Peugeot chute de 7,04% à 14,27 euros, (l’action constructeur la plus basse du marché) les investisseurs ne semblant pas apprécier dans l'immédiat le remerciement brutal mais sans surprise de Christian Streiff à la tête du groupe.


Pourtant en réaction à cette nomination, Credit Suisse a réitéré sa recommandation Achat et son objectif de cours de 18 euros sur PSA. Le broker estime que l'annonce du remplacement de Christian Streiff par Philippe Varin devrait profiter au titre (à plus long terme), notamment grâce à son succès au sein de Corus.


Cette position doit je pense être nuancée car Mr Varin était intervenu pour redresser une entreprise sur un marché florissant ce qui est bien loin d’être le cas ici.


Une décision similaire aux USA a affecté également le marché car Le PDG du constructeur automobile Général Motors, Rick Wagoner, a démissionné dimanche à la demande du gouvernement fédéral. Il a cédé sa place à Fritz Henderson, 50 ans, directeur de l'exploitation depuis 2008 et ancien directeur financier du groupe.


Il semblerait que les gouvernements et les grands actionnaires commencent à demander des comptes en plein marasme du secteur au vue des capitaux et des effectifs salariaux qui fondent comme neige au soleil. Est-ce le moment pour tenter de changer de direction ? D’autres têtes risquent de vite tomber si le secteur ne renoue pas très vite avec un minimum de profit.

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